Samedi 19 Septembre 2026
Il y a de fortes chances qu'on vous ait appris à vous méfier de votre corps avant qu'on vous apprenne à l'habiter. À le couvrir avant de le comprendre. À le juger avant de l'aimer. Si cette phrase vous a fait quelque chose, respirez : vous n'êtes pas seule, et ce n'est pas une fatalité.
Chez Les Dévergondées, on croit à un chemin plus doux — et plus joyeux — que la « confiance en soi » version affiche Instagram : l'exploration sensuelle par l'art. Pas besoin d'être artiste, ni d'avoir une vie sexuelle épanouie. Juste l'envie, un jour, de vous regarder autrement.
Cet article s'adresse aux femmes majeures — 18 ans et plus, sans limite d'âge, quel que soit votre parcours, votre orientation, votre corps. On y croise psychologie, s exologie et art-thérapie pour comprendre pourquoi cette démarche fait du bien, et comment elle se pratique.
Pourquoi la sensualité reste taboue, même entre adultes consentants
La sensualité féminine dérange — pas celle, packagée, qui vend des magazines, mais celle vécue de l'intérieur, choisie, qui n'a besoin de la validation de personne. La psychologie féministe documente ce mécanisme depuis des décennies : le corps des femmes est historiquement pensé comme objet à regarder plutôt que sujet qui ressent. Dès les années 1970, la chercheuse Laura Mulvey théorise le « male gaze » — ce regard masculin qui façonne la manière dont les femmes apprennent à s'observer de l'extérieur plutôt qu'à s'habiter.
Ajoutez la culture de la pudeur, qui veut qu'une femme « bien » maîtrise son désir ou le mette au service de celui d'un autre. Résultat : beaucoup de femmes arrivent à l'âge adulte avec une sensualité jamais explorée pour elle-même, enveloppée de honte, parfois d'anesthésie.
Or la honte n'est pas un inconfort passager. En psychologie clinique, c'est une émotion qui isole et qui freine directement la capacité à ressentir du plaisir, à poser ses limites, à demander ce dont on a besoin. La déloger est un acte de santé mentale à part entière. C'est précisément là que l'art entre en jeu.
Ce que dit la s exologie : le corps comme terrain d'exploration, pas de performance
La s exologie positive s'éloigne d'une logique de performance (« est-ce que je fais bien ? ») pour se recentrer sur l'expérience vécue : que se passe-t-il réellement dans mon corps, mon souffle, mon attention ?
Le sensate focus (focalisation sensorielle), développé par Masters et Johnson et régulièrement actualisé par la recherche clinique, illustre ce virage : retirer l'objectif de performance pour se concentrer sur les sensations présentes — texture, température, rythme. On retrouve la même logique dans les approches de pleine conscience appliquées à la sexualité, aujourd'hui mobilisées pour accompagner les baisses de désir.
C'est exactement ce que fait une pratique artistique incarnée. Danser sans miroir. Peindre les yeux fermés. Photographier sa peau sous une lumière choisie par soi. On y entraîne la même compétence : rester présente à ce qu'on ressent, sans jugement, sans obligation de résultat.
Précision importante, par honnêteté : cette démarche n'est ni une méthode miracle contre les difficultés sexuelles, ni une thérapie sexuelle à proprement parler. C'est un espace d'entraînement à l'écoute de soi, qui peut accompagner un travail thérapeutique — jamais le remplacer quand un accompagnement professionnel est nécessaire.
L'art-thérapie : se réapproprier son image, littéralement
L'art-thérapie est une discipline reconnue, de plus en plus étudiée sur les questions d'image corporelle et d'estime de soi. Des travaux en art-thérapie basée sur la pleine conscience (MBAT) montrent des effets positifs mesurables sur la perception du corps. D'autres recherches, menées auprès de jeunes femmes, relient pratique créative régulière et amélioration de l'estime de soi. Le point commun : ces approches ne demandent pas de « penser positif » du jour au lendemain, mais de rencontrer son corps autrement, par le geste et la matière.
Pourquoi ça marche ? L'acte créatif court-circuite le mental critique. En sculptant ou photographiant, vous traduisez une sensation en forme plutôt que de vous juger avec les mots habituels. Ce déplacement est un formidable outil de régulation émotionnelle : il permet de rencontrer désir, plaisir, parfois ambivalence, sans avoir à les nommer tout de suite ni à être « prête ».
Dernier ingrédient, central en psychologie contemporaine : l'auto-compassion, popularisée par la chercheuse Kristin Neff, qui montre qu'on progresse davantage en se traitant avec la bienveillance qu'on offrirait à une amie. Une pratique artistique de la sensualité, sans regard extérieur à satisfaire, est un terrain idéal pour cette bienveillance-là : rien à réussir, seulement quelque chose à ressentir.
À quoi ça ressemble, concrètement
Ni nu obligatoire, ni mise en scène pour plaire à qui que ce soit. Quelques pistes :
Le fil conducteur : vous restez à l'initiative. On n'explore jamais sa sensualité « pour » quelqu'un d'autre — ni un partenaire, ni une injonction sociale. Cette réciprocité des rôles n'est d'ailleurs pas un détail d'organisation : se retrouver tour à tour derrière et devant l'objectif dilue la hiérarchie implicite entre « celle qui regarde » et « celle qui est regardée » — exactement le déséquilibre pointé plus haut.
Pour qui, et pourquoi maintenant
Cette démarche n'a pas de date de péremption. Elle s'adresse à toute femme majeure — jeune adulte qui découvre sa sensualité, femme de 40, 60 ou 80 ans qui veut se la réapproprier, mère qui a l'impression d'avoir « perdu » cette part d'elle-même, célibataire, en couple ou entre deux histoires, hétéro, bi, lesbienne ou en questionnement. Elle s'adresse aussi bien à celles qui ont une sexualité active qu'à celles qui n'en ont pas, ou plus — la sensualité ne se réduit pas à l'acte sexuel, c'est un rapport global au corps et au plaisir.
Pourquoi maintenant ? Parce qu'il n'y a jamais de moment parfait pour commencer à s'écouter. Il y a seulement le moment où on décide de ne plus attendre la permission de quelqu'un d'autre — celle d'un partenaire, d'une norme sociale, ou de la petite voix intérieure qui répète qu'il est « trop tard » ou « pas le bon moment ».
Questions fréquentes
Faut-il savoir dessiner, danser ou écrire ? Non. Seuls comptent le geste et ce qu'il révèle, jamais le résultat esthétique.
Est-ce réservé aux femmes qui ont des difficultés sexuelles ? Non — la démarche s'adresse tout autant à celles qui vivent une sexualité épanouie qu'à celles qui traversent un blocage. Aucune « raison légitime » n'est requise.
Faut-il être à l'aise avec la nudité ? Non plus. Beaucoup de pratiques — écriture, peinture, danse habillée — n'exposent rien d'autre que ce que vous choisissez de montrer, y compris à vous-même.
Est-ce compatible avec une vie de couple ? Oui, et c'est souvent bénéfique pour la relation : mieux se connaître nourrit ensuite la communication et l'intimité à deux. Mais la démarche reste individuelle avant tout — elle n'a pas besoin d'un couple pour exister.
Y a-t-il un âge pour commencer ? La seule limite est la majorité légale, 18 ans. Au-delà, il n'y a pas d'âge trop tôt ni trop tard : la sensualité n'est pas un chapitre qu'on referme après une certaine décennie, quoi qu'en dise l'imaginaire collectif qui associe systématiquement désir et jeunesse.
Ce que propose Les Dévergondées
C'est pour porter cette démarche que le collectif Les Dévergondées existe. Aujourd'hui, nous réunissons des artistes et des modèles — les deux rôles étant amenés à s'échanger tour à tour au sein du collectif — autour d'un même objectif : créer des espaces où les femmes explorent leur sensualité sans jugement, dans un cadre pensé pour la sécurité émotionnelle, le consentement et le rythme de chacune.
Le collectif ne compte pas, à ce stade, de professionnel·les de la s exologie en son sein : les repères théoriques évoqués plus haut nourrissent notre approche, mais l'accompagnement proposé reste un espace artistique et entre pairs, pas un suivi thérapeutique. Nos formats évoluent selon les projets en cours. Si cet article a réveillé quelque chose chez vous — une curiosité, une envie un peu floue mais insistante — c'est sans doute le signe qu'il est temps d'en parler.
Vous êtes une femme majeure et cette démarche vous parle ? Contactez Les Dévergondées. Discutons de ce qui vous ferait du bien, à votre rythme, sans pression. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise raison de nous écrire — seulement la vôtre.
Cet article a une visée informative. Il ne remplace pas un accompagnement thérapeutique ou s exologique individualisé.
Jeudi 17 Septembre 2026
Et si le corps n'avait plus rien à cacher ?
Et si la pudeur n'était plus une cage, mais un voile qu'on choisit de laisser glisser, lentement, quand on le décide — et seulement quand on le décide ?
Les Dévergondées vous invitent à franchir ce seuil. Nous sommes un collectif d'artistes — photographes, dessinateurs, peintres — qui explorons le désir comme on explore une peau : avec curiosité, avec respect, avec faim.
La photographie fige l'instant où le regard ose. Le dessin prolonge la courbe que la main n'a pas voulu lâcher. La peinture, elle, imprime la chaleur — celle du corps, celle du geste, celle de l'envie qui monte et qu'on ne retient plus.
Nous cherchons des personnes majeures — tous corps, toutes identités, toutes nuances de désir. Pas de critère physique. Pas d'expérience requise. Ce que nous voulons, c'est votre envie de vous livrer, votre goût pour le jeu, votre plaisir à être regardé·e — ou à vous cacher juste assez pour donner envie de découvrir la suite.
Vous viendrez avec vos limites. Nous les respecterons. Vous viendrez avec vos envies. Nous les accueillerons.
Chaque séance peut se vivre en solo, en duo ou en groupe — selon ce que vous voulez explorer, selon les partenaires que vous choisissez.
Seul·e : votre corps, nos regards, l'intimité d'un face-à-face où vous êtes le centre de tout
En couple : avec la personne de votre choix — partenaire de vie, ami·e, complice d'un soir — pour ceux qui veulent que l'œil de la caméra surprenne ce qui se joue entre deux peaux
À plusieurs : pour les configurations collectives, quand le désir devient chorégraphie et que les corps se répondent
Les femmes auront toujours le choix de leurs partenaires — sans exception, sans négociation, sans pression. Ce principe est intangible.
Vous pouvez aussi évoluer d'un format à l'autre au fil des séances : commencer seul·e, puis inviter quelqu'un, puis revenir au solo. Rien n'est figé. Tout se construit avec vous.
Vous choisissez un nom d'artiste — celui sous lequel vous apparaitrez dans nos œuvres, nos expositions, nos publications. Votre identité civile reste la nôtre, et la nôtre seule. Jamais un visage ne sera relié à un nom d'état civil sans votre consentement explicite, écrit, révocable à tout moment.
L'anonymat n'est pas une cachette. C'est une liberté supplémentaire : celle de vous offrir sans vous dévoiler.
Où : atelier collectif, région lyonnaise
Quand : séances de 2 à 4 heures, à convenir ensemble
Ce que vous recevez : rémunération horaire + tirages originaux, dessins ou toiles issus des séances
Engagement : aucun. Vous pouvez vous retirer à tout moment, sans justification
Écrivez-nous en nous confiant votre nom d'artiste, vos disponibilités, le format qui vous attire — seul·e, en couple, à plusieurs — et ce qui, en vous, a envie de se montrer. Un premier rendez-vous — parole, regard, sans engagement — précèdera toute séance.